0 4 minutes 23 heures

Le Togo franchit une nouvelle étape dans la promotion de l’identité culturelle africaine en proposant l’instauration d’un Nouvel An continental. Cette initiative ambitieuse vise à réhabiliter les systèmes africains traditionnels de mesure du temps et à définir une date commune de célébration pour l’ensemble du continent.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des recommandations majeures du 9ᵉ Congrès panafricain tenu à Lomé du 8 au 12 décembre 2025. A l’issue de cette rencontre, les participants avaient appelé à une décolonisation des imaginaires et à une renaissance culturelle fondée sur les valeurs et les références historiques africaines.

Repenser le temps à partir des réalités africaines

L’introduction du calendrier grégorien durant la période coloniale a profondément remodelé les repères temporels des sociétés africaines. Progressivement, ce système importé s’est imposé au détriment des calendriers traditionnels, autrefois structurés autour des cycles agricoles, des mouvements cosmiques et des fondements spirituels propres aux civilisations africaines.

Aujourd’hui, de nombreuses célébrations observées sur le continent demeurent détachées des références historiques et culturelles africaines. Pour les promoteurs du projet, restaurer un cadre temporel enraciné dans les réalités endogènes constitue un levier essentiel pour raviver la conscience historique et renforcer l’identité collective.

Un colloque international à Lomé

Pour poser les bases de cette initiative, le Togo prévoit l’organisation d’un colloque international à Lomé. Historiens, anthropologues, chefs traditionnels, autorités religieuses, intellectuels et responsables politiques y seront conviés.

L’objectif est d’identifier, à partir de références historiques, culturelles et cultuelles africaines, une date symbolique et fédératrice pour célébrer un Nouvel An africain. Cette rencontre se veut un cadre de réflexion scientifique et culturel, destiné à faire émerger un consensus capable d’incarner l’unité et la fierté du continent.

Un acte d’affirmation culturelle

Au-delà de sa dimension symbolique, l’instauration d’un Nouvel An africain représenterait un geste fort d’autodétermination culturelle. Il s’agirait pour l’Afrique d’affirmer sa capacité à définir ses propres repères et à inscrire son développement dans une dynamique enracinée dans son héritage.

Le projet ambitionne également de consolider la cohésion entre les États africains en instituant un moment commun de célébration, susceptible de transcender les diversités linguistiques, religieuses et régionales.

A l’issue du colloque, les recommandations formulées seront transmises à Union africaine en vue d’une éventuelle reconnaissance officielle à l’échelle continentale.

Si le processus s’annonce progressif, cette initiative marque une étape significative dans la quête de renaissance culturelle africaine. Elle traduit une volonté croissante des nations du continent de revisiter leur histoire, de valoriser leurs savoirs endogènes et d’assumer pleinement leur identité dans le concert des nations.

Un chantier ambitieux, porteur d’espoir, celui d’un continent décidé à redéfinir son rapport au temps pour mieux façonner son avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *