
Dans un contexte régional en pleine mutation marqué par la création de la Confédération des États du Sahel (AES), le Togo redéfinit sa stratégie diplomatique et sécuritaire. Une rencontre de haut niveau se tient à Lomé ce 18 avril 2026 pour poser les bases d’une coopération renouvelée entre le Togo et les pays sahéliens.
Une nouvelle dynamique géopolitique est en train de se dessiner entre le Togo et les pays du Sahel. Au cœur de cette reconfiguration : la récente création de la Confédération des États du Sahel (AES), qui bouleverse les équilibres traditionnels jusque-là structurés autour de la CEDEAO.
Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, les autorités togolaises ont convié, ce samedi 18 avril 2026 à Lomé, une rencontre de haut niveau réunissant les représentants des pays sahéliens. L’objectif est clair : repenser les relations diplomatiques, économiques et sécuritaires dans un cadre plus adapté aux défis actuels.
En amont de cette rencontre, une réunion préparatoire s’est tenue la veille, vendredi 17 avril, sous la houlette du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur. Des émissaires des pays du Sahel y ont pris part, aux côtés d’une délégation de la CEDEAO, signe que le dialogue entre les différentes entités régionales reste ouvert.
Au centre des discussions, une nouvelle stratégie togolaise articulée autour de cinq piliers fondamentaux. Le premier repose sur le renforcement du dialogue politique avec les pays de l’AES, afin de maintenir des canaux diplomatiques solides. Le deuxième pilier met l’accent sur la lutte contre le terrorisme, enjeu majeur dans la région sahélienne.
Le troisième axe concerne l’intégration des peuples, avec l’ambition de favoriser les échanges humains et culturels. Le quatrième pilier vise à stimuler la croissance économique entre le Togo et les pays de l’AES, tandis que le cinquième s’intéresse à l’éducation, à la formation et au partage des ressources.
Selon le ministre, cette nouvelle orientation stratégique s’inscrit dans une continuité, tout en marquant une rupture avec la période précédente. « La stratégie 2021-2025 a été élaborée dans un contexte géopolitique particulier, où la Confédération des États du Sahel n’existait pas encore. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle phase, celle de 2026-2028 », a-t-il expliqué.
La naissance de l’AES, en dehors du cadre de la CEDEAO, impose en effet une adaptation des politiques régionales. « Nous sommes dans un nouveau contexte géopolitique », a insisté le ministre, justifiant ainsi la mise en place de cette seconde stratégie, impulsée sur les instructions du président du Conseil, Faure Gnassingbé.
Au-delà des considérations stratégiques, Lomé entend également affirmer son rôle de plateforme de dialogue. Les autorités togolaises revendiquent une position singulière : celle de pont entre l’AES et la CEDEAO, mais aussi entre les pays du Sahel et la communauté internationale.
Dans un environnement régional marqué par les tensions et les recompositions, le Togo semble ainsi miser sur la diplomatie, la coopération et l’ouverture pour consolider sa place dans le jeu ouest-africain.








