
L’ONG Youth Awake a organisé, ce jeudi 29 octobre 2026 à Lomé, un forum national des organisations de la société civile (OSC) consacré à la prévention des conflits et de l’extrémisme violent, ainsi qu’à la promotion de la paix et de la cohésion sociale. Cette rencontre de deux jours vise à renforcer la collaboration entre les acteurs de la société civile afin de rendre leurs interventions plus efficaces et durables sur l’ensemble du territoire national.
Placée sous le thème « De l’engagement local à l’impact national : renforcer les stratégies collaboratives des OSC pour prévenir les conflits et l’extrémisme violent », cette rencontre vise à identifier et à promouvoir des solutions concertées susceptibles de renforcer l’efficacité, la complémentarité et la durabilité des interventions des OSC au Togo.

Ce forum s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du projet intitulé « Renforcement de l’inclusion et de la résilience des jeunes et des femmes pour lutter contre l’extrémisme violent et le terrorisme tout en promouvant l’harmonie sociale et la cohésion durable ». Le projet bénéficie du soutien du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, à travers le programme zivik de l’ifa. Sa première phase a été lancée en 2024.
Pendant deux jours, des experts et des acteurs de la société civile partageront leurs expériences et leurs bonnes pratiques en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de préservation de la cohésion sociale, à travers des présentations et des panels de discussion.
Le premier panel porte notamment sur le « Rôle des OSC dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent au Togo : défis, réalités et opportunités ». Les participants aborderont des questions liées à la gouvernance locale, à la situation sécuritaire, à la résilience communautaire, à l’analyse des conflits ainsi qu’aux réalités vécues par les OSC sur le terrain.

Un second panel sera consacré au « Renforcement des stratégies collaboratives des OSC pour la paix et la cohésion sociale : quelles solutions concrètes ? ». Il permettra de réfléchir aux approches efficaces, aux modèles de collaboration, à la coordination des acteurs, à la mise à l’échelle des initiatives et aux solutions innovantes susceptibles de renforcer les actions en faveur de la paix.
Pour le directeur exécutif de l’ONG Youth Awake, Kolani Tobigue Yandare, les organisations de la société civile jouent un rôle essentiel dans les communautés, même si leurs actions restent souvent peu visibles.
« Dans nos villages, nos quartiers et nos communes, les organisations de la société civile accomplissent un travail souvent discret, mais essentiel. Elles écoutent les préoccupations des populations, accompagnent les jeunes, soutiennent les femmes, facilitent le dialogue et interviennent parfois là où les tensions commencent à fragiliser les relations entre les communautés. Elles sont souvent parmi les premières à entendre les frustrations, à percevoir les signes de méfiance et à identifier les situations susceptibles de dégénérer en conflits », a-t-il souligné.
Selon lui, la prévention des conflits ne doit pas attendre que la violence éclate. Elle doit commencer bien en amont, à travers l’écoute, le dialogue, l’inclusion, la justice et le renforcement de la confiance entre les citoyens et leurs institutions.
Le directeur exécutif a également mis en avant l’expérience de Youth Awake, dont les interventions couvrent 26 communes du Togo, parmi lesquelles 16 communes frontalières. Cette expérience a permis à l’organisation de constater que la paix ne se construit pas uniquement lors de grandes rencontres ou à travers des déclarations officielles, mais aussi et surtout dans les relations quotidiennes entre les populations.
De son côté, Chantal Hodalo Sassabi-Tchangaye, intervenante au cours du forum, a insisté sur la nécessité d’anticiper les conflits et les risques liés à l’extrémisme violent. Pour elle, les organisations de la société civile doivent pleinement assumer leur rôle dans ce processus de prévention.
« Il faut dire que la prévention des conflits et de l’extrémisme violent est un travail qui doit se faire en amont. Cela rappelle les OSC à leurs responsabilités, parce que la plupart d’entre elles sont quotidiennement en contact avec les citoyens. Elles sont informées des mouvements et des dynamiques sociales sur lesquels elles peuvent agir. Disposer en amont d’informations sur ces dynamiques permet donc de mieux prévenir les conflits et l’extrémisme violent. C’est une question de rôle et de responsabilité », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné l’importance des actions éducatives fondées sur l’inclusion et la participation communautaire, notamment dans les situations où des populations sont en désaccord avec les autorités municipales ou d’autres responsables locaux. Selon elle, ces approches peuvent favoriser le dialogue et contribuer à prévenir l’aggravation des tensions.
A l’issue du forum, les conclusions des échanges seront consignées dans un document commun intitulé « Appel de Lomé pour la paix et la cohésion sociale ».
Ce document constituera l’un des principaux résultats de la rencontre. Il devrait permettre de formaliser les propositions issues des discussions et de promouvoir une meilleure coordination des interventions des organisations de la société civile en faveur de la prévention des conflits, de la lutte contre l’extrémisme violent et du renforcement durable de la paix et de la cohésion sociale au Togo.






