0 5 minutes 3 semaines

La dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été au cœur d’une réunion de haut niveau convoquée à Lomé par Faure Essozimna Gnassingbé. Président du Conseil du Togo et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour la crise à l’Est de la RDC, il a réuni les principaux acteurs impliqués dans les efforts de paix afin de renforcer la cohérence des initiatives en cours.


Cette rencontre stratégique, tenue le samedi 17 janvier 2026 dans la capitale togolaise, était dédiée à l’harmonisation et à la consolidation des différents processus de médiation visant à restaurer durablement la paix dans l’Est congolais. A l’issue des travaux, un communiqué final a insisté sur l’urgence de mieux coordonner l’ensemble des démarches diplomatiques et politiques, afin de tirer pleinement parti des synergies existantes et d’éviter une dispersion des efforts susceptible de fragiliser davantage la stabilité régionale.

Le document final annonce notamment une révision de l’architecture de la médiation. Celle-ci prévoit la mise en place d’un Secrétariat conjoint indépendant, appelé à servir de mécanisme d’appui technique au Panel des facilitateurs. La réunion a également réaffirmé le rôle central de ce Panel en tant qu’organe de soutien politique à la médiation, appelé à agir de manière concertée, complémentaire et en stricte conformité avec les mandats définis par le Médiateur de l’Union africaine. Les participants ont par ailleurs souligné l’importance d’une coordination étroite avec les initiatives internationales, afin d’assurer la cohérence des messages, le respect de la séquence politique et l’alignement de l’appui extérieur sur les priorités du processus de médiation.


Pour rappel, le Sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) avait décidé, en mars dernier, de confier un rôle de facilitation à cinq anciennes personnalités de premier plan du continent. Il s’agit d’Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria ; Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya ; Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie ; Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana ; et Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine.
Ce Panel de facilitateurs, né de la fusion des processus de paix conduits par la SADC et l’EAC, a pour mission d’accompagner la médiation menée par l’Union africaine. Son action repose sur des engagements de haut niveau, la promotion de mesures de confiance et une coordination étroite avec les initiatives régionales, dans l’objectif d’aboutir à une solution politique durable au conflit.

La dynamique actuelle s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques engagés à l’échelle internationale. En amont de la réunion de Lomé, et en étroite concertation avec le Togo, la France avait organisé le 30 octobre 2025 à Paris une Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs. Cette rencontre avait permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros au profit des populations vulnérables, tout en appuyant la dynamique de négociation portée conjointement par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.

Faure Gnassingbé a officiellement succédé au président angolais João Lourenço comme médiateur de l’Union africaine pour la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances compétentes de l’organisation panafricaine. Il est désormais chargé de travailler en étroite coordination avec les facilitateurs issus du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions arrêtées lors du sommet conjoint virtuel de l’EAC et de la SADC tenu le 24 mars 2025.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *