
En Ouganda, l’arrestation du père Deusdedit Ssekabira, prêtre du diocèse de Masaka, suscite une forte controverse et de nombreuses réactions dans les milieux ecclésiaux et juridiques.
Porté disparu depuis le 3 décembre, le religieux a finalement été localisé après que le ministère ougandais de la Défense a reconnu, le 14 décembre, son interpellation par les forces de sécurité.
Selon les autorités, le prêtre serait soupçonné d’être impliqué dans des activités qualifiées de subversives et violentes à l’encontre de l’État. Cependant, les circonstances de son arrestation et de sa détention ont provoqué l’indignation des défenseurs des droits humains.
L’Association des avocats catholiques de l’Ouganda (UCLS) a vivement dénoncé une procédure qu’elle juge illégale et contraire à la Constitution.
Une arrestation assimilée à une disparition forcée
D’après l’UCLS, le père Ssekabira aurait été arrêté par des hommes armés non identifiés, circulant dans un véhicule sans plaque d’immatriculation. Il aurait ensuite été détenu dans un lieu secret pendant près de dix jours. Durant cette période, aucun contact n’a été possible avec sa famille, son diocèse ou ses avocats.
Pour l’association, cette situation correspond à une disparition forcée, en violation directe de la Constitution ougandaise et des normes internationales relatives aux droits humains.
Les avocats rappellent que la loi fondamentale du pays impose que toute personne arrêtée soit présentée devant un juge dans un délai maximal de 48 heures ou puisse bénéficier d’une liberté sous caution.
Un appel au respect de l’état de droit
Les membres de l’UCLS soulignent que même dans des affaires liées à la sécurité nationale, les garanties constitutionnelles ne peuvent être suspendues.
Selon eux, aucune accusation, aussi grave soit-elle, ne justifie un enlèvement, une détention secrète ou le non-respect des procédures judiciaires.
Face à cette situation, l’association appelle les autorités ougandaises à faire toute la lumière sur cette affaire, à respecter les droits fondamentaux du père Ssekabira et à garantir le strict respect de l’état de droit.








