
Le ministère du Commerce et du Contrôle de la Qualité a organisé, ce jeudi 20 novembre 2025 à Lomé, une journée de sensibilisation dédiée à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus. L’événement, organisé en différé dans le cadre d’Octobre Rose, a été ouvert par le ministre Kossi Tenou, qui a insisté sur l’importance de renforcer la prévention au sein du personnel féminin du ministère.
“Mieux vaut tard que jamais” : un engagement réaffirmé contre le cancer
Dans son allocution d’ouverture, le ministre Tenou a souligné que, même organisée hors du mois d’octobre, cette initiative demeure essentielle pour la cause.
« Bien qu’étant en retard, notre département a choisi de ne pas rester en marge de la lutte contre le cancer du sein », a-t-il déclaré, rappelant que ce type de cancer représente un véritable fléau mondial, touchant une femme sur huit.

Au Togo, le constat est alarmant : 5 000 nouveaux cas de cancer du sein sont enregistrés chaque année, pour plus de 850 décès, selon les statistiques nationales. Une situation jugée « effrayante » par le ministre, qui a exhorté les participantes à adopter une culture de dépistage précoce, condition indispensable à une prise en charge efficace.
« Détecté tôt, le cancer du sein se guérit bien. J’en sais quelque chose », a-t-il insisté.
Un hommage à la politique sanitaire nationale
Le ministre Tenou a salué la vision du Chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, dont les orientations ont permis la mise en place de la Couverture Santé Universelle et l’élaboration du Plan cancer 2022-2025. Ce programme national a conduit à plusieurs avancées majeures, notamment, la sensibilisation et le dépistage renforcés lors d’Octobre Rose ; la prise en charge des traitements par l’INAM et l’AMU ; la création d’un registre national des cancers en avril 2022. Il y a eu également l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) en décembre 2023 ainsi que la création du Conseil national de lutte contre le cancer, l’ouverture d’un centre de traitement du cancer en janvier 2024 ; et la réduction du coût et l’amélioration de l’accès aux soins, avec des campagnes de dépistage gratuit.
La journée a été marquée par une conférence sur les facteurs de risque et les méthodes de prévention du cancer du sein.
Parmi les intervenantes figurait le Professeur Gbéassor-Komlanvi, invitée pour éclairer le personnel sur les causes, les facteurs de risque et les moyens de prévention.
Madame Zenab Moumouni, survivante du cancer du sein, a également livré un témoignage poignant sur son parcours de guérison.
Le ministre a encouragé l’ensemble du personnel à prêter une oreille attentive car « Cette rencontre est l’occasion d’apprendre à prévenir ce mal en adoptant des comportements appropriés. »
Le témoignage fort de Zenab Moumouni : “Le mental compte autant que les soins”
Dans un récit empreint d’émotion, Zenab Moumouni est revenue sur l’épreuve qu’elle a traversée.
« J’ai pu m’en sortir, mais cela n’a pas été facile. L’annonce du diagnostic m’a profondément touchée psychologiquement », a-t-elle confié.
Elle a exhorté les femmes à adopter des réflexes simples mais vitaux notamment pratiquer l’auto-examen régulier, consulter un médecin en cas d’anomalie, réaliser une mammographie tous les deux ans à partir de 40 ans.
« Même si vous avez les moyens, si vous n’avez pas le mental ou si vous refusez d’accepter la maladie, vous risquez de ne pas vous en sortir », a-t-elle conclu, insistant sur l’importance de la force mentale dans le processus de guérison.







