
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et ASKY, la compagnie aérienne panafricaine basée à Lomé, ont conclu un partenariat de trois ans destiné à renforcer l’accès des réfugiés à la formation, à l’emploi et aux opportunités d’entrepreneuriat en Afrique de l’Ouest et du Centre.
L’accord, annoncé ce lundi 5 octobre 2025 à Lomé, concerne dans un premier temps six pays : le Sénégal, le Ghana, le Bénin, le Togo, le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Il repose sur la complémentarité entre l’expertise d’ASKY dans le secteur de l’aviation et le mandat du HCR en matière de protection et de recherche de solutions durables pour les personnes contraintes de fuir leur pays.

La première phase du partenariat sera consacrée notamment à la formation technique et professionnelle, aux bourses d’études, aux stages et à la création de passerelles vers l’emploi dans le secteur de l’aviation. L’initiative pourrait ensuite s’étendre à l’entrepreneuriat des réfugiés, à leur accès aux chaînes d’approvisionnement et aux chaînes de valeur agricoles.
Selon les données du HCR, plus de quatre millions de réfugiés et de demandeurs d’asile étaient recensés en Afrique de l’Ouest et du Centre en septembre 2026. Les femmes et les enfants représentent environ 80 % de cette population, tandis que près de 751 000 personnes présentent des besoins spécifiques de protection. Le nouveau partenariat entend ainsi accorder une attention particulière aux femmes et aux filles, souvent confrontées à des obstacles supplémentaires dans l’accès à l’éducation, à la formation et à un emploi décent.
« Lorsque le déplacement forcé se prolonge pendant des années, l’accès aux compétences, aux marchés et à un travail décent est essentiel pour redonner aux personnes le pouvoir de choisir et leur dignité », a déclaré Abdouraouf Gnon Konde, directeur régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Pour le responsable onusien, cette collaboration s’inscrit dans l’ambition du HCR d’aider, d’ici 2035, la moitié des réfugiés vivant dans des situations de déplacement prolongé dans la région à passer d’une dépendance durable à l’aide humanitaire à davantage d’autonomie et à des solutions durables. Les partenariats avec des entreprises africaines, estime-t-il, peuvent contribuer à transformer cet objectif en opportunités concrètes pour les femmes, les jeunes et les communautés d’accueil.
De son côté, ASKY prévoit d’étudier la possibilité d’intégrer des réfugiés qualifiés à certains de ses programmes de formation, dispositifs de stages et processus de recrutement, en fonction des opportunités disponibles et des critères habituels. La compagnie examinera également les moyens de permettre aux entreprises appartenant à des réfugiés d’accéder à sa chaîne d’approvisionnement.
La position stratégique de Lomé et le réseau régional d’ASKY pourraient notamment permettre de faire de la capitale togolaise un pôle de formation. L’initiative doit également favoriser l’accès des réfugiés à des opportunités sur différents marchés du travail, y compris pour ceux qui vivent en dehors des cadres traditionnels d’assistance humanitaire.
Une attention particulière sera par ailleurs portée aux femmes et aux filles réfugiées, à travers des programmes d’éducation liés à l’aviation, de mentorat et de développement professionnel. Des opportunités pourraient également être proposées aux entreprises artisanales dirigées par des réfugiés afin qu’elles deviennent des fournisseurs du secteur privé.
« En tant que compagnie aérienne panafricaine, nous voyons un lien direct entre notre activité et le développement de l’Afrique. Les réfugiés font partie des communautés que nous desservons », a souligné Esayas W. Hailu, directeur général d’ASKY. Il a assuré que la compagnie souhaite, à travers ce partenariat, mettre le talent et l’esprit d’entreprise des réfugiés en relation avec les opportunités du secteur de l’aviation et encourager d’autres entreprises africaines à intégrer l’inclusion des réfugiés dans leurs pratiques commerciales.
Après la signature de l’accord, les deux partenaires doivent définir les modalités concrètes relatives à la formation, aux bourses d’études, aux stages, à l’emploi et, si nécessaire, au transport humanitaire. Les premières discussions devraient notamment porter sur la transformation de Lomé en pôle de formation, l’élargissement des possibilités d’emploi et de moyens de subsistance au Ghana, la mise en relation des entreprises détenues par des réfugiés avec les marchés au Sénégal, ainsi que la facilitation de la réunification familiale et des mouvements de retour volontaire, notamment en Côte d’Ivoire.
En rapprochant les compétences et les activités économiques des réfugiés des besoins du secteur privé, le HCR et ASKY ambitionnent de favoriser leur autonomie tout en permettant aux entreprises d’accéder à de nouveaux talents, biens et services.
Ce partenariat constitue une première pour le HCR, qui conclut ainsi son premier accord avec une compagnie aérienne régionale en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il est également présenté comme la première initiative de ce type en Afrique subsaharienne, avec l’ambition de servir de modèle à une implication accrue du secteur privé africain dans l’inclusion des réfugiés et la promotion d’un développement durable.








