
Le Togo poursuit son ascension sur la scène économique africaine. D’après le rapport B-READY 2025 de la Banque mondiale, rendu public le 29 décembre, le pays se positionne à la troisième place en Afrique subsaharienne, derrière le Rwanda et l’île Maurice. Avec un score global de 61,52, il conserve également son leadership en Afrique de l’Ouest, confirmant la solidité de sa trajectoire en matière d’amélioration du climat des affaires.
Cette performance intervient dans un contexte régional complexe, marqué par des tensions politiques, des défis sécuritaires et des marges budgétaires limitées. Elle reflète néanmoins la continuité des réformes engagées par les autorités togolaises depuis plusieurs années.
Introduit en 2024 pour remplacer l’ancien classement Doing Business, le rapport Business Ready (B-READY) propose une méthodologie élargie et plus exigeante. Il évalue désormais 101 économies à travers le monde, dont 27 en Afrique subsaharienne, en analysant à la fois le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité de leur mise en œuvre. Dix domaines clés du cycle de vie de l’entreprise sont examinés, intégrant les enjeux de transformation numérique, d’inclusion économique et de durabilité.
Des réformes soutenues depuis 2017
Depuis 2017, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le Togo a engagé une série de réformes structurelles coordonnées par la Cellule climat des affaires. Ces actions ont profondément transformé l’environnement entrepreneurial.
La création d’entreprise s’effectue désormais en moins de 24 heures grâce à la digitalisation des procédures. L’implantation des entreprises est facilitée par des systèmes de géolocalisation numérique et des autorisations délivrées en ligne. Sur le plan fiscal, la mise en place d’un système intégré a permis de raccourcir les délais de déclaration et de paiement.
Le pays s’est également doté d’un cadre juridique renforcé en matière d’insolvabilité, favorisant la restructuration des entreprises en difficulté. L’accès au financement a été amélioré à travers des plateformes numériques et des dispositifs de garanties publiques. En parallèle, le règlement des litiges commerciaux repose désormais sur des tribunaux spécialisés et le recours systématique à la médiation.
Des performances remarquées dans les services publics
Le rapport souligne particulièrement les progrès du Togo dans les piliers transversaux. Le pays occupe la première place en Afrique subsaharienne et en Afrique de l’Ouest pour le pilier des services publics, et se classe cinquième au niveau continental pour l’efficacité opérationnelle, derrière le Rwanda, l’île Maurice, l’Eswatini et le Botswana.
Ces résultats traduisent la modernisation accélérée de l’administration togolaise, marquée par la généralisation des guichets en ligne, l’interconnexion des bases de données administratives et la montée en compétences des agents publics.
Des fragilités encore à corriger
Malgré ces avancées, le rapport B-READY met en lumière plusieurs défis persistants. Le commerce international, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, le niveau de concurrence sur certains marchés ainsi que des disparités dans l’accès aux services publics demeurent des points de vigilance. Les délais aux frontières, la faiblesse des compétences techniques et les inégalités régionales en matière d’infrastructures continuent de freiner le plein potentiel économique du pays.
Pour y répondre, le gouvernement a lancé de nouvelles initiatives, notamment le déploiement du guichet unique du commerce extérieur, le renforcement de la formation professionnelle orientée vers les PME, l’adoption prochaine d’une loi sur la concurrence, ainsi que l’extension de la fibre optique et des infrastructures d’énergie verte vers les zones industrielles en développement.
Une stratégie axée sur l’impact économique et social.
« Les réformes engagées visent avant tout à améliorer concrètement le quotidien des entrepreneurs et des citoyens, et non à répondre à une logique de classement », souligne un responsable de la Cellule climat des affaires. Une orientation confirmée par la Banque mondiale, qui classe le Togo parmi les économies les plus réformatrices d’Afrique, avec une progression continue sur près d’une décennie.
Les autorités ont par ailleurs salué l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment le Groupe de la Banque mondiale, ainsi que l’engagement du secteur privé, considéré comme un acteur central de la transformation économique.
A l’heure où l’attractivité des pays repose de plus en plus sur la qualité de leurs institutions, le Togo entend consolider ces acquis. Car, comme le rappelle le rapport B-READY, un climat des affaires performant ne se limite pas à des indicateurs : il constitue un levier essentiel de croissance inclusive, de création d’emplois et d’opportunités pour les jeunes générations.







