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A deux mois du scrutin présidentiel du 25 octobre, la scène politique ivoirienne entre dans une nouvelle phase. Soixante dossiers de candidature ont été officiellement déposés auprès de la Commission électorale indépendante (CEI), dont celui du président sortant Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat, dans un contexte politique tendu et marqué par l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition.

Le chef de l’État, au pouvoir depuis 2011, entend capitaliser sur la stabilité économique et la poursuite des grands chantiers d’infrastructures pour convaincre les électeurs de lui renouveler leur confiance. Son camp met en avant « la nécessité d’assurer la continuité » dans un pays encore fragile, et insiste sur le besoin d’un leadership expérimenté dans une sous-région ouest-africaine en proie à des incertitudes sécuritaires.

Une opposition fragilisée

Face à Ouattara, l’opposition peine à se rassembler. Deux figures historiques, Laurent Gbagbo (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire) et Tidjane Thiam (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire), ont tout de même déposé leur candidature, malgré leur inégibilité actuelle. L’ex-président Gbagbo reste frappé par une condamnation judiciaire, tandis que Thiam est radié de la liste électorale pour des raisons liées à sa nationalité.

Leurs candidatures, déposées in extremis avant la date limite du 27 août à minuit, seront soumises à l’appréciation du Conseil constitutionnel, qui a jusqu’au 10 septembre pour publier la liste définitive des candidats autorisés à concourir.

Un enjeu crucial pour la stabilité du pays

La candidature d’Alassane Ouattara, largement anticipée mais désormais officielle, recentre le débat sur la pérennité des institutions ivoiriennes. Alors que l’opposition dénonce un processus électoral verrouillé, les partisans du président sortant affirment que sa réélection garantirait la paix et l’investissement dans le développement à long terme.

Avec une opposition affaiblie par des exclusions judiciaires et administratives, le président Ouattara apparaît, pour l’instant, comme le candidat le plus solide dans la course à la présidence. Mais les tensions pourraient s’accentuer dans les semaines à venir, à mesure que le Conseil constitutionnel tranchera sur la validité des candidatures controversées.

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