
Après plusieurs mois de détention dans le nord du Mali, 22 militaires maliens ont été libérés dimanche par le Front de libération de l’Azawad (FLA). Une libération qui aurait été facilitée par une médiation du président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, dans un contexte marqué par la multiplication des libérations de soldats détenus par les groupes armés.
Vingt-deux militaires maliens ont retrouvé la liberté dimanche après plusieurs mois de détention dans le nord du Mali. Leur libération, attribuée au Front de libération de l’Azawad (FLA), serait le résultat d’une longue démarche de négociation dans laquelle le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, aurait joué un rôle de médiateur.
L’information a été rapportée lundi soir par la télévision togolaise, qui a présenté cette opération comme une nouvelle illustration de l’engagement du dirigeant togolais en faveur du dialogue dans les crises régionales.
Une libération obtenue après plusieurs mois de détention
Selon une source proche du pouvoir à Bamako, les 22 militaires avaient été capturés à différentes périodes. Certains étaient tombés aux mains des groupes armés lors des récents affrontements opposant l’armée malienne à des combattants dans le nord du pays. D’autres étaient détenus depuis plus de trois ans.
Une source de sécurité citée par l’AFP a confirmé leur libération dimanche matin. Elle a indiqué que celle-ci aurait été obtenue en échange d’au moins huit combattants du FLA.
Cette nouvelle opération intervient alors que plusieurs groupes de soldats maliens ont été libérés ces dernières semaines. Le 13 août, 82 militaires maliens avaient déjà retrouvé la liberté après plusieurs mois de captivité. Trois jours plus tard, le 16 août, le FLA avait annoncé la libération de six autres soldats maliens blessés.
Avec les 22 militaires libérés dimanche, ces différentes opérations représentent ainsi plus d’une centaine de soldats maliens sortis de captivité en l’espace d’une dizaine de jours.
Faure Gnassingbé, un médiateur présenté comme discret
La télévision togolaise a attribué une part importante du processus de négociation à Faure Gnassingbé. Selon son commentaire, « cette libération, issue d’une longue démarche de négociation », aurait été rendue possible grâce à l’intervention du président du Conseil togolais.
La chaîne a insisté sur le caractère discret de cette médiation, estimant que l’intervention de Faure Gnassingbé aurait permis de maintenir le contact avec les différentes parties alors que d’autres canaux de dialogue étaient difficiles à exploiter.
Cette nouvelle médiation s’inscrit dans une stratégie diplomatique que les autorités togolaises présentent comme fondée sur l’écoute, la patience et le maintien du dialogue avec les protagonistes des crises.
Une diplomatie active dans plusieurs crises africaines
Le Togo rappelle notamment le rôle joué par Faure Gnassingbé dans la libération, en janvier 2023, de militaires ivoiriens détenus à Bamako. Le président du Conseil togolais s’est également impliqué dans différentes initiatives de dialogue concernant le Tchad et le Niger.
Selon la télévision togolaise, Lomé a par ailleurs participé à l’accompagnement de la transition politique en Guinée après les événements de 2021.
En avril 2025, l’Union africaine a désigné Faure Gnassingbé comme médiateur dans la crise opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda, lui confiant la poursuite des efforts de médiation engagés auparavant par l’ancien président angolais.
Du Sahel à l’Afrique centrale, Lomé entend ainsi maintenir une diplomatie fondée sur le dialogue et la recherche de compromis.
Plus d’une centaine de soldats libérés en dix jours
La libération des 22 militaires maliens constitue donc un nouvel épisode dans une série de remises en liberté intervenues récemment. Elle intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans le nord du Mali, où l’armée et les groupes armés continuent de s’affronter.
Au-delà de la libération des détenus, cette nouvelle opération met également en lumière le rôle que certains acteurs régionaux cherchent à jouer dans l’ouverture de canaux de négociation entre parties en conflit.
Pour Lomé, cette séquence vient en tout cas conforter l’image d’une diplomatie togolaise qui privilégie les contacts discrets et le maintien du dialogue, même dans les situations de crise les plus sensibles.








