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Le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) a tenu, le jeudi 18 décembre à Lomé, sa traditionnelle conférence-bilan de fin d’année.

Cette rencontre a réuni plusieurs autorités administratives et locales autour de la présentation du rapport d’activités relatif à la mise en œuvre des recommandations et programmes de l’institution pour l’exercice 2025.

Le rapport présenté met en lumière les avancées significatives enregistrées dans le processus de justice transitionnelle au Togo. Selon les données communiquées, l’institution a organisé cinq sessions de réparations sur le terrain au cours de l’année, portant à 33 331 le nombre total de victimes de violences politiques indemnisées entre 2017 et 2025. Le montant global des indemnisations s’élève à 23,62 milliards de FCFA.

Les réparations individuelles constituent l’essentiel des dépenses engagées, représentant près de 85 % des ressources mobilisées. Parallèlement, le HCRRUN a poursuivi la mise en œuvre des réparations mémorielles, communautaires et collectives, traduisant une approche globale de prise en charge des conséquences des violences politiques.

Au-delà des indemnisations financières, l’institution a renforcé son volet social, notamment en faveur des populations les plus vulnérables. A ce titre, 209 enfants orphelins, victimes indirectes des violences politiques, ont bénéficié de bourses d’études. Ces actions s’inscrivent dans le cadre du programme spécial de soutien aux enfants victimes, conformément à la recommandation n°49 de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

« Pour le bon sens du Président du Conseil, une victime laissée en marge des réparations est un facteur non négligeable susceptible de fragiliser, de décrédibiliser l’ensemble du processus », a rappelé Awa Nana-Daboya, présidente du HCRRUN.

Elle a souligné qu’après dix années d’exercice, les résultats obtenus sont largement satisfaisants, avec un taux de réalisation de 99,65 % pour les réparations individuelles, collectives et mémorielles au cours de l’année.

La présidente du HCRRUN a également mis en avant les réalisations issues des réparations communautaires : construction d’établissements scolaires et sanitaires, infrastructures d’accès à l’eau potable, centres de retrouvailles communautaires, ainsi que la restitution de biens illégalement occupés à leurs propriétaires légitimes à la suite des troubles politiques.

La prise en charge psycho-médicale des victimes demeure par ailleurs une composante essentielle de l’action du HCRRUN. A ce sujet, l’organisation partenaire Aimes-Afriques a salué l’engagement constant de l’institution dans l’accompagnement global des victimes, conformément aux recommandations de la CVJR.

Pour Awa Nana-Daboya, l’une des particularités du processus togolais de justice transitionnelle réside dans « la convergence entre les besoins des victimes et les solutions mises en œuvre », illustrant une adaptation des mécanismes de réparation aux réalités et attentes des populations concernées.

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