0 5 minutes 2 mois

Lomé a été le théâtre, le jeudi 11 décembre 2025, d’un rendez-vous majeur consacré à la gouvernance et à la transparence au Togo. Un atelier de dialogue entre les secteurs public et privé, placé sous le thème « Secteurs public et privé, ensemble pour relever le défi de la corruption au Togo », a réuni responsables publics, acteurs économiques, experts et institutions de régulation. Objectif affiché : renforcer la coopération entre les deux sphères pour endiguer durablement la corruption et promouvoir une administration plus performante.

Ouvrant les travaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a rappelé l’enjeu stratégique de cette lutte pour le développement du pays. La corruption, a-t-il souligné, ne relève pas seulement d’un problème éthique, mais constitue un frein majeur à la bonne gouvernance, à l’équité sociale et à l’attractivité économique. « L’investissement est la confiance en acte », a-t-il martelé, insistant sur le fait qu’aucun pays, même riche en ressources naturelles, ne peut attirer durablement des investisseurs sans un environnement transparent et fiable.

Le ministre a également fait écho à la vision portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, exprimée lors de son message devant le Parlement le 2 décembre dernier. Cette orientation appelle à une transformation profonde de la culture politique nationale, fondée sur plus de transparence, de redevabilité et une gestion publique exemplaire. Une boussole qui guide désormais les réformes engagées, notamment en matière de lutte anticorruption et de modernisation de l’administration.

Prenant la parole à son tour, le président de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), Aba Kimelabalou, a dressé un diagnostic sans détour. Il a rappelé que la corruption touche aussi bien le secteur public, à travers détournements, fraudes et rétrocommissions, que le secteur privé, où subsistent pots-de-vin, conflits d’intérêts et pratiques illicites dans l’attribution des marchés. Selon les estimations de la HAPLUCIA, la petite corruption ferait perdre chaque année près de 10 milliards de FCFA à l’économie togolaise.

Les conséquences, a-t-il souligné, sont multiples : érosion des recettes fiscales, perte de confiance des citoyens envers les institutions, risques judiciaires pour les entreprises et dégradation de l’image du pays à l’international. Face à cette réalité, M. Kimelabalou a plaidé pour une implication active du secteur privé dans l’élaboration de la stratégie nationale anticorruption, afin de responsabiliser l’ensemble des acteurs et d’assurer une mise en œuvre efficace des actions prévues.

Parmi les temps forts de l’atelier, la place accordée au numérique a été largement saluée. La digitalisation progressive des procédures publiques: douanes, impôts, services portuaires et administratifs ainsi que le déploiement de projets comme le PANT, sont présentés comme des leviers modernes pour réduire les contacts directs, limiter les pratiques frauduleuses et renforcer la traçabilité des opérations.

Les échanges ont également permis de formuler plusieurs recommandations concrètes : renforcement des codes d’éthique au sein de l’administration, intégration de programmes anticorruption dans les entreprises, mise en place de mécanismes sécurisés de dénonciation, participation régulière du secteur privé aux réformes et instauration d’un dialogue permanent entre acteurs publics et privés. Pour les participants, seule une approche collective et concertée permettra de faire reculer durablement le phénomène.

Au terme de cette journée de réflexion, un message s’est imposé avec clarté : la lutte contre la corruption est une responsabilité partagée. En réaffirmant leur engagement commun, acteurs publics et privés entendent œuvrer ensemble à la construction d’un Togo où l’intégrité, la transparence et la bonne gouvernance deviennent des réalités concrètes, au service de la stabilité économique, de la confiance des citoyens et de l’émergence du pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *