
La présidence sénégalaise a publié, le mardi 11 novembre, un communiqué qui contredit directement une déclaration d’Ousmane Sonko, son Premier ministre selon la Radio France Internationale.
Cette prise de position marque la volonté du chef de l’État de reprendre la main dans la gestion de la coalition gouvernementale et plus largement, des affaires de l’État.
Les médias sénégalais et internationaux s’interrogent sur la portée de ce désaccord, notamment sur la capacité du président à gouverner sans Sonko, qui reste à la fois Premier ministre, chef de parti et figure politique jouissant d’une forte légitimité populaire. Ce dernier a d’ailleurs réaffirmé son poids politique samedi, en rassemblant plusieurs milliers de partisans lors d’un grand meeting.
Pour de nombreux analystes, la fracture entre les deux têtes de l’exécutif semble profonde. Une absence d’accord risquerait d’aggraver la crise institutionnelle : « Sinon, chaque collaborateur, chaque ministre, sera obligé de choisir son camp, et ce sera compliqué », estime la RFI.
Ces tensions politiques n’ont pas tardé à produire des effets économiques. Le 12 novembre, la valeur des eurobonds sénégalais a de nouveau chuté, signe de l’inquiétude des marchés face à ce climat d’instabilité. « Les investisseurs sont préoccupés », a résumé un opérateur économique sur les réseaux sociaux, évoquant « le spectre de l’instabilité politique » qui vient s’ajouter à une situation économique déjà fragile.








